Mesurer l’IPS sans doppler est possible avec un appareil oscillométrique automatique, plus rarement par auscultation au stéthoscope ou par palpation du pouls à la cheville. Ces méthodes sont moins précises que le doppler de poche : un résultat anormal ou douteux doit être confirmé par un examen vasculaire. L’IPS, ou index de pression systolique, compare la pression artérielle de la cheville à celle du bras pour repérer une artériopathie des membres inférieurs.
Ce que mesure l’IPS et comment on le calcule
L’IPS est le rapport entre la pression systolique retenue à la cheville et la pression systolique retenue au bras. Le calcul se fait pour chaque jambe, avec la pression humérale mesurée sur le même examen.
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Une valeur située entre 0,9 et 1,4 est considérée comme normale. Un IPS inférieur à 0,9 évoque une artériopathie oblitérante des membres inférieurs (AOMI), c’est-à-dire un rétrécissement des artères des jambes. Au-dessus de 1,4, les artères sont probablement rigides et se compriment mal sous le brassard.
Avant de choisir une méthode, il faut savoir estimer la pression au bras : la page sur l’estimation de la tension sans appareil décrit ce qu’on peut attendre de cette approche.
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Pourquoi le doppler reste la méthode de référence
Le doppler de poche capte le flux sanguin à la cheville même quand le pouls est trop faible pour être senti. Il permet de relever la pression systolique là où le stéthoscope n’entend plus rien.
Cette sensibilité a un coût : il faut un appareil, un temps d’examen et un opérateur formé. C’est ce qui pousse beaucoup de cabinets à chercher une alternative. Pour mémoire, un IPS inférieur ou égal à 0,90 repère une AOMI avec une sensibilité de 75 % et une spécificité de 86 % selon quatre études comparées à l’angiographie (569 patients). Un résultat normal n’écarte donc pas toute atteinte artérielle.
L’appareil oscillométrique automatique
Un appareil oscillométrique pose des brassards aux bras et aux chevilles, gonfle chacun d’eux et calcule les pressions sans stéthoscope ni doppler. La mesure est rapide et demande peu de formation.
La concordance avec le doppler est cependant limitée. Dans une thèse de Rennes portant sur 102 patients adressés pour claudication, le coefficient kappa entre les deux méthodes était de 0,35, soit un accord faible. L’oscillométrie surestimait l’IPS de 0,12 en moyenne, ce qui peut faire passer pour normale une jambe atteinte.
Les pressions très basses posent un problème particulier : l’appareil détecte alors davantage la pression moyenne que la systolique. Le même travail note que le repos préalable ne modifiait pas la mesure automatique (kappa de 0,80 entre mesures avec et sans repos).

L’auscultation au stéthoscope et la palpation du pouls
Sans appareil, on place le brassard d’un tensiomètre manuel au-dessus de la cheville, on le gonfle puis on le dégonfle lentement. La pression systolique correspond au retour du pouls, perçu au stéthoscope ou au bout des doigts sur l’artère du pied.
Cette méthode dépanne, mais elle manque de précision quand la pression est basse : le pouls devient trop faible pour être senti précisément, et la pression relevée peut être faussée. Elle ne remplace pas le doppler pour un dépistage fiable.
La prise du pouls et de la pression sans tensiomètre électronique est détaillée dans l’article sur la prise de tension sans appareil.
Les conditions d’une mesure exploitable
Quelle que soit la méthode, quelques règles évitent de fausser le résultat :
- Le patient est allongé sur le dos, dans un endroit calme, jambes soutenues : en position assise, l’index peut être artificiellement augmenté.
- La nicotine est à éviter avant l’examen, car elle peut faire monter la pression à la cheville.
- Les plaies sont couvertes et la compression est évitée en cas de thrombose veineuse profonde connue ou suspectée.
Chez les personnes dont les artères sont rigides ou calcifiées, les méthodes sans doppler sont les moins fiables, puisque le brassard ne comprime pas correctement l’artère. Les signes d’une pression élevée, présentés dans l’article sur la tension sans tensiomètre, ne suffisent pas à interpréter un IPS.

Quand un doppler ou un écho-doppler reste nécessaire
Un IPS inférieur à 0,9, un résultat à la limite de la normale ou un IPS supérieur à 1,4 justifient un contrôle au doppler, puis un avis d’angiologue si nécessaire. Des symptômes comme une douleur de jambe à la marche ou une plaie qui ne cicatrise pas imposent aussi ce contrôle, même avec un IPS normal.
L’IPS ne doit pas non plus être utilisé seul pour décider du niveau de compression d’un pansement ou d’une contention. Cet examen s’inscrit dans une démarche plus large, celle du dépistage et de la prévention médicale.
Un IPS obtenu sans doppler vaut donc comme première indication. Il se confirme au doppler dès qu’il sort de la plage de 0,9 à 1,4.

